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Millenium du vautour |
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Copyright © 2000 Jean-Marie Lamblard
Après des siècles de mépris, lanimal charognard par excellence, revient chez nous par la grande porte. |
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Lannée 2000 sachève. Encore une poignée de jours et nous commencerons le troisième millénaire de lère qui nous sert à compter les époques. Année de toutes les peurs inutiles, où dominent celles des viandes mortes. 2000 devrait rester dans lHistoire comme lannée du Vautour
Selon une coïncidence fortuite, de celles avec lesquelles le hasard aime nous interpeller, en même temps que nous acceptons de revoir le vautour dans notre ciel, nous comprenons que le charognage est aussi de nos habitudes de bouche.
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<< ... Est-il pour autant bien raisonnable délever des animaux domestiques comme des charognards ? >>
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Décembre 2000 |
Des goûts en commun
Inutile de sinsurger, et encore moins de seffrayer, lhomme est omnivore et donc carnassier cannibale à loccasion-, mais il ne mange presque jamais sa viande fraîche, il laime rassise. Il laisse la bête morte le temps quelle sattendrisse par mortification, quelle " mature " comme disent les bouchers. Alors, seulement, la viande sera bonne au goût des humains qui pourront la manger crue ou boucanée, salée, séchée, ou cuite mais saignante le plus souvent.
Les habitudes alimentaires viennent de loin. Les préhistoriens décrivent nos ancêtres, chasseurs, cueilleurs, et collecteurs de proies mortes, à laffût des indices que fournissent les vautours par leurs vols circulaires. Dérober sa victime à un lion ne devait pas être facile, mais en se groupant comme font les hyènes, et avec laide du feu, cela pouvait sorganiser.
Non, sauf lOgre et les Bacchantes, lhomme naime pas la chair trop fraîche. Questionnez nos concitoyens les plus bucoliques, les chasseurs, ils vous diront que rien négale un gibier faisandé et quun des plus grands plaisirs, après celui de tuer, est de manger une viande déjà décomposée. Raffinement quignore le vautour, lequel choisira toujours, entre deux carcasses, la plus fraîche.
Il est vrai que lanimal, sil possède une âme ainsi que nous disons, méconnaît lusage du feu.
Ceci admis, est-il pour autant bien raisonnable délever des animaux domestiques comme des charognards ?
Du vautour à la vache folle
Passe encore pour le porc qui joua le rôle déquarrisseur dans les rues de nos cités, du fond des Gaules jusquau dix-neuvième siècle (et mention spéciale pour le poulet que la domestication habitua pendant des millénaires à chercher sa nourriture sur les fumiers où pourrissaient les déchets de cuisine), mais les vaches ? Jentends bien que cet herbivore boit du lait dans sa jeunesse, et que la mère mange le placenta du nouveau-né, mais cest tout de même à lherbe que va sa préférence.
Jai consacré de nombreuses années de ma vie, les années soixante et au-delà, à ce problème de lalimentation des animaux domestiques destinés à la consommation humaine. Le scandale des vaches folles qui fait la une des médias est la conséquence d' une vieille histoire. Il y en aura dautres.
Tout cela est bien troublant. Quallons-nous faire de toutes ces vaches ? maintenant quil nest plus possible de nourrir les vivantes avec le cadavre des mortes
Et si nous lancions un vaste programme délevage de vautours ? Les montagnes désertées par les paysans seraient de nouveau fréquentées, le transport des carcasses créerait des emplois, et le repas des vautours constituerait une attraction gratuite pour appâter le touriste dans des zones rurales peu attirantes.
Bref, il serait temps de rouvrir le dossier du vautour et dexaminer, aux lumières de notre temps, le mauvais procès qui lui fut fait, lequel entraîna son extermination de notre territoire.
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