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Symbole des non-violents
 
Le blason de Théodore Monod

En France, au cours des premières années de la décennie 70, le MDPL (Mouvement pour le désarmement, la Paix, et la Liberté) distribuait un tract où trônait ce symbole avec l’information suivante : <<Le cercle représente la protection de l’enfant à naître. A l’intérieur du cercle, la silhouette humaine, tête en bas, représente l’homme en péril.>> C’est un intelligent commentaire, dans un souci pédagogique et militant.
Que signifie ce symbole arboré par les non-violents ? Pour le coup, posant une telle question, je dois faire œuvre de préhistorien aux yeux des classes d’âge nées après 1968.
La publicité contemporaine ne répugne pas à récupérer cette image pour évoquer un état d’esprit contestataire désuet ou ludique. Peut-être n’y avait-il plus que Théodore MONOD pour le prendre au sérieux.

Sans prétendre épuiser le sujet, voici ce qu’on peut trouver. Ce sera mon hommage ; une fleur de pissenlit ramassée au penchant d’un fossé et posée sur le cercueil. (Oui, des pissenlits fleurissent en novembre, il n'y a plus de saisons!)

<< ... Ce signe se composerait des caractères N (nuclear) et D (disarmament) selon le code du sémaphore à bras ...>> Décembre 2000
Après 68, ce signe était étroitement associé à la jeunesse contestataire qui avait tenté de faire craquer le vieil ordre social. Puis, les années passant, il devint la marque privilégiée des mouvements pour le désarmement, la paix et la liberté.
Lorsqu’on interrogeait ceux qui l’arboraient, on recueillait de multiples réponses :
-C’est la silhouette d’un bombardier ;
-Un homme qui tombe, la tête en bas ;
-Un couple faisant l’amour ;
-Une tête de mort stylisée ;
-Le lambda grec pour Liberté ;
-Les bras abaissés en signe de non-violence ;
-Une patte d’oie…
Pour l’histoire des mentalités, il subsiste une source incontournable où décrypter cette époque : Charlie Hebdo ! Dans la revue de presse tenue par Willem, pour l’année 1970, on relève un grand nombre de courriers de lecteurs qui souhaitent apporter leur témoignage sur l’origine du symbole des non-violents. En résumé de ces livraisons, on peut avancer que l’emblème fut dessiné le 21 février 1958 par Hugh Bock et Pat Arrowsmith, pour la première marche contre la guerre nucléaire à Aldermaston en Angleterre. Ce signe se composerait des caractères N (nuclear) et D (disarmament) selon le code du sémaphore à bras. Cette explication est tout à fait vraisemblable.


MARQUE DE L’OUTARDE

Pour ma part, et ce sera ma contribution, je constate que cette marque est identique au signe sacré universel venu du fonds des âges, composé de trois traits en éventail, que les ethnologues appellent la " marque de l’outarde " parce qu’il ressemble à la trace laissée dans le sable par la patte de cet oiseau qui ne possède pas le quatrième doigt vers l’arrière. Ce signe se reconnaît, entre autres, dans les idéogrammes Bambara pour représenter une personne morte, alors que, inversé, il représente la vie, les bras levés.


Faut-il croire aux transmissions inconscientes, aux migrations fertiles ? Sur la signification pacifique et non-violente de ce dessin en forme de patte d’oiseau, il existe une légende qui court dans les traditions orales d’Afrique du Nord. En voici une version attestée au Sahara.
Pour les Maures et les Touareg, l’outarde est " oiseau du Paradis ", messager des hommes auprès d’Allah. Dans la région du Trarza, les nomades mauritaniens expliquent la présence de la " marque de l’outarde " (dessin laissé sur le sol par la patte de l’oiseau) brodée si souvent au sommet des tentes, par ce récit :
Un Emir de la tribu des Oulad Rizg avait une réputation de méchanceté, d’oppresseur des faibles, et de soudard impitoyable. Après le rezzou, il gardait tout le bétail volé et ne le partageait jamais avec ses guerriers. Cet Emir n’avait qu’un amour sincère : son fils.
Celui-ci possédait une petite outarde apprivoisée qu’il aimait beaucoup. Or, un jour, elle se perdit en brousse. L’enfant pleura et son père la fit rechercher par ses meilleurs pisteurs sans succès.
Toutefois des gens qui venaient d’être pillés par l’Emir, les Oulad Deïman, découvrirent l’outarde, s’en emparèrent, lui glissèrent un collier d’argent autour du cou et, très habilement, vinrent la rendre à l’Emir.
Le fils pleura de joie et le père en fut si content qu’il s’écria : <<Dès aujourd’hui, vous pourrez broder la trace de l’outarde sur vos tentes, celles-là me seront sacrées et je ne les pillerai plus !>> L’Emir cessa de faire la guerre.
C’est Jean Cabus qui a recueilli cette histoire (Musée ethnographique de Neuchâtel).
Étrange rémanence d’un symbole. Les hommes à leur insu transporteraient des représentations mythologiques, comme les moutons véhiculent dans leur laine des graines qui vont ensuite germer sur les bords des chemins de transhumance, à cent lieues à la ronde !
Voici que la boucle est bouclée. Cher Théodore MONOD, peu importe au fond l’identité de l’image que vous portiez, c’était la marque de ceux qui n’acceptent pas, et d’autres reprendront le symbole. On le verra éclore de nouveau, ailleurs, faible lueur de balise pour nous guider sur le chemin des hommes.

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